Nous avons appliqué exactement les mêmes règles au président de Vox. Son résultat est la preuve de symétrie de la méthode : sa carte d'indignations et de silences est celle de la gauche, inversée. Ses records sont les zéros de la gauche ; ses zéros, les records de la gauche. L'attention sélective n'est pas le vice d'un camp : c'est une structure.
Une méthode qui ne s'applique qu'à un camp politique est une arme ; appliquée à tous avec les mêmes règles, c'est un instrument. Ce profil soumet Santiago Abascal — fondateur et président de Vox, député depuis 2019 — au dictionnaire exact de 17 crises, à la même vérification manuelle des faux positifs et à la même lecture de direction que les dix profils précédents.
| Crise | Ampleur (référence) | Tweets en 15 ans |
|---|---|---|
| Venezuela — répression et exode | 7,7M réfugiés; rapports ONU sur crimes contre l'humanité | 96 |
| Israël/Palestine (conflit complet) | ~70 000 morts à Gaza + 1 200 le 7-Oct | 53 |
| Afghanistan | Apartheid de genre depuis 2021 | 16 |
| Ukraine — invasion russe | ~500 000 victimes, 6M réfugiés | 15 |
| Syrie — guerre civile | ~500 000 morts, 13M déplacés | 15 |
| Cuba — 11J et dissidence | Plus de 1 000 arrêtés en 2021 | 4 |
| Nicaragua — répression d'Ortega | 355 morts en 2018 | 4 |
| Iran — répression interne (Amini 2022 + janvier 2026) | Des milliers de morts | 3 |
| Soudan, Mali, Yémen, Karabakh, Tigré, Rohingyas, Ouïghours, Boko Haram, Hong Kong | — | 0 |
Venezuela : 96 tweets avec un cadre de dictature et répression depuis 2013, jusqu'à accueillir María Corina Machado en Espagne comme «référente héroïque de la lutte pour la liberté» (2026). Cuba : réaction au 11J en moins de 24 heures («¡Viva Cuba libre!»). Nicaragua : «le régime assassin» d'Ortega après les 355 morts de 2018. Le 7 octobre : condamnation le jour même («gravísimo ataque terrorista»), compassion pour Maya Villalobo «assassinée par les terroristes islamiques du Hamas», visite au kibboutz Nir Oz, mémoire des Bibas, exigence de libération des otages.
Et pourtant, le schéma est le même — avec le signe inversé. Les victimes civiles palestiniennes n'existent pas dans son compte. En 43 tweets post-7-Oct et quinze ans d'archives : zéro mention des victimes civiles à Gaza — quelle que soit la cifra qu'on accepte et à qui qu'on attribue la responsabilité. Sa seule allusion aux habitants de Gaza les transforme en «boucliers humains» de Sánchez et du Hamas.
Le lexique du terrorisme a un trou en forme d'extrême droite. «Terroriste» : 389 tweets (ETA, djihadisme, adversaires politiques). Christchurch (51 morts dans deux mosquées) : zéro. El Paso : zéro. Hanau : zéro. Buffalo : zéro. Ses trois seules mentions d'Utøya incluent une (2015) pour résister à l'équation : «diluer le terrorisme djihadiste international en l'égalisant avec les assassinats du psychopathe d'Utoya». C'est, mécanisme par mécanisme, le reflet du refus de la gauche d'appeler le Hamas «terroriste».
Son engagement sur les dictatures latino-américaines est réel, ancien, soutenu et personnel — ses condamnations de Chávez et du castrisme précèdent la fondation de Vox. Sa réaction au 11J cubain fut immédiate et sans équivoque. Sa condamnation du 7 octobre fut complète le jour même. Il a condamné «la brutal agresión» de Russie en février 2022 et défendu Zelenski contre l'accusation de «néonazi». Et sa première cause humanitaire documentée (2014) fut réelle : «el genocidio cristiano» en Irak et en Syrie.
Ce profil clôt la première preuve de symétrie de la série. L'attention sélective n'est pas une pathologie de la gauche ni de la droite — c'est une structure du discours politique militant. Chaque camp construit une carte où les victimes utiles occupent tout l'espace et les gênantes n'existent pas.
Archive complète de @Santi_ABASCAL (16 357 tweets, 4 mars 2011 – 13 juillet 2026). Dictionnaire de 17 crises identique aux dix profils précédents, vérification manuelle complète. Correction de vérification : Israël/Palestine de 92 à 53 («sionis» capturait «secesionista»); ouïghours de 3 à 0 (le nom «Eguiguren» contient «uigur»); Yémen de 1 à 0 (une réplique insultante de 2012, pas une couverture).